L’art-thérapie : des pratiques artistiques au cœur de la santé planétaire
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L’art-thérapie occupe aujourd’hui une place croissante dans les parcours de santé, dans un contexte de reconnaissance accrue des interventions artistiques en santé. Un nombre croissant d’études suggère que celles-ci peuvent contribuer à différents aspects de la santé mentale, physique et sociale, avec des effets variables selon les pratiques, les populations et la qualité méthodologique des recherches. Héritière des ateliers hospitaliers développés au XXᵉ siècle, l’art-thérapie s’est progressivement enrichie des apports de la psychologie, des neurosciences, des approches communautaires et, plus récemment, des enjeux de santé environnementale. Les interventions artistiques peuvent notamment favoriser l’expression émotionnelle, la régulation du stress, le renforcement des liens sociaux. Certaines approches associant création et nature, pourraient également contribuer à atténuer l’éco-anxiété et renforcer le sentiment de connexion au vivant, un champ en émergence. Cet article retrace l’évolution de l’art-thérapie et présente ses principaux fondements scientifiques. Il élargit ensuite la réflexion aux pratiques artistiques en santé et examine leur contribution potentielle aux approches « One Health » (Une seule santé) et à la santé planétaire.
- 1. L’art-thérapie : des origines à la pratique contemporaine
- 2. L’art-thérapie à l’épreuve des données scientifiques
- 3. Soigner autrement : quand l’art entre dans la clinique
- 3.1. Art-thérapie et pratiques artistiques en santé : des approches complémentaires
- 3.2 L’art-thérapie : une intervention clinique spécialisée
- 3.3. Les pratiques artistiques en santé : promouvoir le bien-être et soutenir les parcours de soins
- 3.4. Les pratiques artistiques communautaires : un levier de santé publique
- 4. De la prescription médicale à la prescription sociale : le pouvoir thérapeutique du lien, des arts et de la communauté
- 5. Créer ensemble pour mieux vivre : Les pratiques artistiques au cœur des communautés
- 6. Les pratiques artistiques : une contribution possible à l’approche « One Health »
- 7. Les pratiques artistiques et la santé planétaire
- 8. Messages à retenir
1. L’art-thérapie : des origines à la pratique contemporaine
L’art‑thérapie moderne émerge au milieu du XXᵉ siècle dans un contexte marqué par les traumatismes psychologiques de masse et l’évolution des pratiques psychiatriques. Adrian Hill [1] (Figure 1A) introduit le terme « art therapy » en 1942, affirmant que le processus créatif possède une valeur thérapeutique en soi. Margaret Naumburg [2] (Figure 1B) développe une approche psychodynamique où l’image devient un langage symbolique. Edith Kramer [3] (Figure 1C) insiste sur la transformation émotionnelle produite par le geste créatif. Parallèlement, Edward Adamson (Figure 1D) ouvre les premiers ateliers d’art en milieu hospitalier, fondés sur la création libre et non interprétative. Cette approche met l’accent sur la dignité, l’autonomie et l’expression personnelle, en rupture avec des modèles centrés uniquement sur les symptômes [4].

2. L’art-thérapie à l’épreuve des données scientifiques
Pendant longtemps, l’intérêt des pratiques artistiques en santé humaine a été associé principalement à une dimension subjective : plaisir, émotion, sentiment de bien-être ou expérience personnelle de transformation. Ces dimensions sont essentielles, car l’art agit précisément sur l’expérience vécue de la personne, son identité, son rapport aux autres et sa capacité à donner du sens aux événements. Toutefois, réduire les interventions artistiques à un simple effet « ressenti » serait réducteur. Les recherches menées au cours des dernières décennies montrent que leurs effets peuvent également être observés, mesurés et documentés par des indicateurs cliniques, psychologiques, biologiques et sociaux.
2.1 Un impact multidimensionnel : les résultats clés de l’art-thérapie sur la santé globale
Les données internationales montrent aujourd’hui que les interventions artistiques ne relèvent plus seulement d’une approche culturelle ou récréative, mais constituent des approches complémentaires susceptibles d’agir sur plusieurs déterminants de la santé [6]. Un ensemble d’études suggère que les interventions artistiques peuvent être associées à des effets mesurables dans plusieurs dimensions de la santé :
- La Santé mentale (réduction de l’anxiété et de la dépression, l’amélioration de la régulation émotionnelle) ;
- La Santé physique (diminution de la douleur perçue, du stress physiologique, amélioration de la motricité) ;
- La Santé sociale (renforcement des liens, la réduction de l’isolement, l’inclusion) ;
- Le Bien‑être général (sentiment de « sens », estime de soi, qualité de vie) ;
- L’Impact économique avec réduction des consultations/hospitalisations évitables, et un ROI (retour sur investissement) positif [7] ;
- L’Environnement (réduction de l’éco‑anxiété, le renforcement du lien au vivant).
2.2 Un changement de paradigme : de l’intuition artistique à la preuve scientifique
Le rapport fondateur de l’OMS publié en 2019 [6] a constitué une étape décisive dans la reconnaissance des arts et de la culture comme déterminant de santé. Cette vaste revue exploratoire rassemble les résultats de plus de 900 publications, dont près de 200 revues couvrant plus de 3 000 études. Bien que les études recensées soient très hétérogènes par leurs méthodes, leurs populations et les interventions évaluées, ce rapport, par son ampleur, a donné une visibilité institutionnelle à un champ de recherches jusque-là très dispersé. Il a montré que les pratiques artistiques peuvent contribuer tout au long de la vie à la prévention des maladies, à la promotion de la santé, ainsi qu’au traitement et à la réadaptation tout au long de la vie.
Les bénéfices des pratiques artistiques ne reposent plus seulement sur des observations cliniques ou des témoignages. La revue qualitative de Daykin et al. [8] portant sur 40 études, précise l’un des mécanismes en jeu : les pratiques artistiques participatives peuvent renforcer les relations de confiance, le soutien mutuel et l’ouverture à d’autres groupes. Les revues systématiques et méta-analyses présentées dans le Tableau 1 montrent des effets favorables, notamment sur la santé mentale, la qualité de vie, le vieillissement et la stigmatisation. L’ampleur de ces bénéfices reste variable, ce qui souligne la nécessité d’études mieux standardisées.
Tableau 1. Synthèse des études scientifiques sur les effets des interventions artistiques. Références citées dans le tableau : Joschko et al. (2024) [9] ; Quinn et al. (2025) [10] ; Jensen et al. (2024) [7] ; McCrary et al. (2021) [11] ; Gaiha et al. (2021) [12] ; Golden et al. (2025) [13].
Limites et perspectives de recherche. En effet, la discipline doit désormais franchir une nouvelle étape en développant des études multicentriques de grande ampleur, fondées sur des protocoles mieux harmonisés et des suivis à long terme. Les principales difficultés tiennent à la faiblesse des effectifs, à l’hétérogénéité des populations, des disciplines artistiques, de la durée des interventions et des critères d’évaluation. L’absence fréquente de comparateurs actifs rend également difficile la distinction entre les effets propres du processus artistique et ceux liés à l’attention reçue, à la relation thérapeutique ou à la participation sociale (lire Focus « Preuves scientifiques sur les interventions artistiques : une synthèse »).
Les interventions artistiques mobilisent plusieurs mécanismes complémentaires. Elles peuvent favoriser la régulation du système nerveux autonome et l’apaisement physiologique, tout en réduisant la réponse au stress, notamment par une diminution du cortisol. Certaines pratiques artistiques, en particulier la musique, activent également le système cérébral de la récompense. Des études de neuro-imagerie ont montré qu’elles induisent une libération de dopamine dans le striatumStructure cérébrale, jouant un rôle essentiel dans plusieurs fonctions : (i) Contrôle des mouvements volontaires et apprentissage moteur, (ii) Motivation et récompense, via les circuits dopaminergiques. (iii) Prise de décision et apprentissage par renforcement. (iv) Traitement des émotions, notamment dans ses régions ventrales. [14], notamment au niveau du noyau accumbens, renforçant les sensations de plaisir, la motivation et l’engagement dans l’activité créative [15]. Enfin, les médiations artistiques ouvrent des voies d’expression sensorielles, symboliques et non verbales, particulièrement utiles face aux traumatismes ou lorsque l’expérience vécue demeure difficilement accessible par les mots.
Les expériences précoces, notamment lorsqu’elles sont traumatiques, peuvent influencer durablement les circuits impliqués dans les émotions, la mémoire et les sensations corporelles. Lorsqu’elles surviennent avant le plein développement du langage, elles seraient davantage encodées sous des formes sensorielles, émotionnelles et implicites que sous celle de souvenirs autobiographiques pouvant être mis en récit.

Sur le plan psychologique, la création permet une externalisation symbolique des émotions, facilitant leur transformation et leur intégration. Les pratiques collectives renforcent la cohésion sociale, diminuant l’isolement et soutenant le sentiment d’appartenance. Enfin, les approches artistiques centrées sur la nature sont susceptibles de réduire l’éco‑anxiété et à améliorer le bien‑être global.
3. Soigner autrement : quand l’art entre dans la clinique
3.1. Art-thérapie et pratiques artistiques en santé : des approches complémentaires
Les bénéfices des arts sur la santé ne doivent pas conduire à confondre l’art-thérapie, qui est une discipline clinique, avec l’ensemble des pratiques artistiques en santé. Si ces approches partagent l’utilisation de la création artistique comme médiateur, elles diffèrent par leurs objectifs, leurs modalités d’intervention, le niveau de formation des intervenants et les publics auxquels elles s’adressent.
3.2 L’art-thérapie : une intervention clinique spécialisée
L’art-thérapie, au sens strict (stricto sensu), est une pratique de soin réalisée par un art-thérapeute spécifiquement formé. Elle s’inscrit dans un projet thérapeutique individualisé ou de groupe, répond à une indication clinique et poursuit des objectifs de santé clairement définis : régulation émotionnelle, amélioration des fonctions cognitives ou relationnelles, accompagnement des maladies chroniques, des troubles psychiques ou des situations de handicap. Le processus créatif constitue ici un médiateur thérapeutique intégré à une démarche clinique, avec une évaluation des objectifs et des effets de l’intervention.
3.3. Les pratiques artistiques en santé : promouvoir le bien-être et soutenir les parcours de soins
À côté de l’art-thérapie se développent de nombreuses interventions artistiques en santé (arts in health), qui ne relèvent pas nécessairement d’une psychothérapie. Elles sont conduites par des artistes, des médiateurs culturels ou des professionnels de santé, souvent en collaboration avec des art-thérapeutes. Leur objectif est de promouvoir le bien-être, de réduire le stress, d’améliorer l’expérience des soins, de soutenir les capacités d’adaptation ou de renforcer la qualité de vie. Elles sont aujourd’hui présentes dans de nombreux domaines : psychiatrie, oncologie, pédiatrie, gérontologie, maladies chroniques, soins palliatifs ou réadaptation :
- En psychiatrie, elles contribuent à la régulation des émotions, à la diminution de l’agitation et à l’amélioration du bien-être psychique.
- En oncologie, elles permettent de réduire l’anxiété préopératoire, d’atténuer la détresse psychologique et de soutenir les patients dans leur vécu de la maladie.
- En pédiatrie, les activités artistiques favorisent le développement socio-émotionnel, renforcent les capacités d’attention et stimulent la créativité.
- En gérontologie, elles participent au maintien des fonctions cognitives, à la préservation de l’autonomie et à la prévention du déclin cognitif.
Chez les personnes atteintes de maladies chroniques, les interventions artistiques facilitent la gestion de la douleur, améliorent la qualité de vie et renforcent l’adhésion aux traitements. Enfin, dans les situations de traumatismes ou de post-catastrophe, elles contribuent à la stabilisation neurophysiologique, favorisent l’expression des émotions et soutiennent la reconstruction du sens et du lien social (lire Stress aigu, stress chronique : méthodes de gestion du stress chez l’Homme)
3.4. Les pratiques artistiques communautaires : un levier de santé publique

Ainsi, les arts en santé peuvent être envisagés comme un continuum allant de l’intervention thérapeutique spécialisée à la promotion de la santé et au développement communautaire. Ces approches ne s’opposent pas ; elles répondent à des besoins différents et se complètent au sein d’une vision globale de la santé (Voir Les thérapies non médicamenteuses du stress chronique)
La santé ne dépend pas uniquement de l’accès aux soins et aux traitements médicaux. De nombreuses pathologies ou situations de vulnérabilité trouvent également leur origine dans des déterminants sociaux, culturels, économiques et environnementaux : isolement, précarité, perte de liens sociaux, faible accès à la culture ou déconnexion avec le milieu naturel. Ces facteurs influencent profondément la santé physique et mentale, mais ne peuvent être pris en charge par la seule approche biomédicale.

Si le Royaume-Uni fait figure de pionnier, la France voit émerger une nouvelle génération d’expérimentations associant médecins, acteurs culturels, collectivités et associations. Les programmes « Culture et Santé », les initiatives territoriales de prescription sociale et les premiers dispositifs mobilisant des médiateurs de santé dessinent progressivement les contours d’un modèle de prescription sociale, adapté aux spécificités du système de santé français [18].
5. Créer ensemble pour mieux vivre : Les pratiques artistiques au cœur des communautés
Les pratiques artistiques en santé dépassent aujourd’hui le cadre clinique de l’art-thérapie et sont de plus en plus mobilisées dans les démarches communautaires. Les pratiques artistiques partagées favorisent les rencontres, renforcent le sentiment d’appartenance et développent les capacités de résilience des individus comme des territoires. On peut citer quelques principaux domaines d’application :
- Les ateliers collectifs : espaces de création favorisant l’expression, l’entraide et le soutien mutuel.
- Le chant choral : une pratique reconnue pour ses effets sur le bien-être émotionnel, la cohésion sociale et la santé respiratoire.
- Le théâtre participatif : outil d’expression, d’émancipation et de réflexion collective autour des enjeux sociaux et de santé.
- Les musées comme ressources pour la santé : visites accompagnées, médiation culturelle et programmes de bien-être favorisant la stimulation cognitive, la réduction du stress et la participation sociale.
- Les jardins thérapeutiques artistiques : espaces associant création, nature et contemplation, propices au rétablissement, à la reconnexion au vivant et à la santé mentale.
Longtemps cantonnées aux établissements de soins, les pratiques artistiques à visée thérapeutique se sont progressivement étendues à de nombreux contextes de vie, de prévention et d’accompagnement. Elles sont aujourd’hui présentes dans de nombreux environnements de vie :
- Les quartiers, où elles contribuent au développement du pouvoir d’agir des habitants et au renforcement du lien social ;
- Les EHPAD, pour lutter contre l’isolement, préserver les capacités cognitives et maintenir la qualité de vie ;
- Les écoles, afin de soutenir le développement émotionnel, la créativité et les compétences psychosociales ;
- Les établissements pénitentiaires, où elles favorisent l’expression, la reconstruction identitaire et la réinsertion.

Cette évolution des pratiques et de leurs contextes d’intervention illustre un élargissement progressif de leur champ d’action, depuis la santé des personnes jusqu’à celle des communautés et, dans certaines approches fondées sur la nature, des écosystèmes (Figure 5). Les transformations qu’elles induisent peuvent alors dépasser le seul champ sanitaire et s’inscrire dans une perspective plus large, en cohérence avec les approches « One Health » (Une seule santé).
6. Les pratiques artistiques : une contribution possible à l’approche « One Health »
Si les pratiques artistiques contribuent à la santé des personnes, peuvent-elles également participer à la santé des territoires et des écosystèmes ? Cette interrogation ouvre un nouveau champ de réflexion, celui des approches « One Health » et de la santé planétaire. L’approche « One Health » propose un cadre permettant d’examiner ces interactions entre santé humaine, animale et environnementale (Tableau 2).
Tableau 2. Exemples de contributions potentielles des pratiques artistiques aux dimensions de l’approche « One Health »
Le rapport de l’OMS Europe publié en 2026 élargit le champ des arts en santé en examinant leur contribution possible aux réponses sanitaires au changement climatique. Il souligne notamment leur rôle dans la communication des risques, la résilience communautaire, l’évolution des représentations et la reconnexion au vivant. Sans relever directement de l’approche « One Health », ces orientations peuvent contribuer à certaines de ses dimensions sociales, culturelles et environnementales.
7. Les pratiques artistiques et la santé planétaire

7.1 L’art comme médiateur entre santé humaine et santé des écosystèmes
Le Land Art [20] illustre particulièrement cette approche : en plaçant la création au cœur des paysages, il invite à une expérience directe des cycles naturels et contribue à restaurer la connexion au vivant. Cette vision s’inscrit aussi dans l’héritage de l’Arte Povera (Italie, années 1960), qui utilise des matériaux simples — terre, bois, pierre, végétaux — pour révéler les liens entre matière, vivant et environnement. En privilégiant les processus naturels plutôt que l’objet fini, ce mouvement critique la société industrielle et réhabilite une relation sensible au monde vivant.

Ainsi les arts peuvent participer à la santé planétaire en rendant sensibles les enjeux écologiques, en renforçant le lien au vivant et en transformant les connaissances en récits mobilisateurs. Ils favorisent ainsi l’engagement citoyen, les comportements pro-environnementaux et la résilience face aux changements climatiques. [22]
7.2 Les savoirs autochtones et la santé planétaire
Bien avant l’émergence des concepts de « One Health » et de santé planétaire (Planetary Health), de nombreuses cultures autochtones concevaient déjà la santé comme le résultat d’un équilibre entre les personnes, les communautés et les territoires. Chez les Aborigènes d’Australie, notamment, les chants, les récits et les peintures transmettent la mémoire des relations entre les humains, les ancêtres et le vivant [23]. L’art ne représente donc pas seulement le territoire : il contribue à entretenir les liens sociaux, culturels et spirituels qui lui donnent sens (voir focus Aux origines de l’art-thérapie : de l’expression symbolique au soin). Sans assimiler ces savoirs aux cadres scientifiques contemporains, leur prise en compte peut enrichir la réflexion sur l’interdépendance entre santé humaine et santé des écosystèmes. Les travaux d’Erin Manning sur l’art aborigène et sa relation au territoire éclairent notamment cette conception relationnelle [24].
8. Messages à retenir
- En 2019, le rapport de l’OMS a donné une visibilité institutionnelle à un champ de recherches jusque-là très dispersé. Il a montré que les pratiques artistiques peuvent contribuer tout au long de la vie à la prévention des maladies, à la promotion de la santé, ainsi qu’au traitement et à la réadaptation tout au long de la vie.
- Un nombre croissant d’études suggère que les interventions artistiques peuvent contribuer à différents aspects de la santé mentale, physique et sociale, avec des effets variables selon les pratiques, les populations et la qualité méthodologique des études.
- Les données disponibles suggèrent que les pratiques artistiques peuvent constituer des approches complémentaires favorables à la santé et au bien-être dans différents contextes cliniques.
- Les pratiques artistiques changent progressivement d’échelle : du soin des personnes à la santé des communautés, puis à une réflexion sur les liens entre santé humaine et santé des écosystèmes.
- Généralement peu risquées, les interventions artistiques peuvent contribuer à des bénéfices sanitaires et sociaux et, dans certains cas, environnementaux.
- Leur développement devra reposer sur une meilleure évaluation des expériences vécues, des impacts collectifs et économiques, ainsi que sur l’articulation entre pratiques cliniques, prescription sociale et politiques locales, ouvrant de nouvelles perspectives de prévention et de résilience face aux crises écologiques.
- Cette ouverture des pratiques d’art-thérapie et artistiques vers les approches « One Health » et de santé planétaire constitue un champ émergent qui demande encore à être consolidé par la recherche.
Notes & références
Image de couverture. « Trame cosmique » [Source : Adapté de l’œuvre originale de l’auteure, © Isabelle Wachsmuth, adapté et reproduit avec son autorisation]
[1] Adrian Hill (1945). Art Versus Illness. London: George Allen & Unwin.
[2] Margaret Naumburg (1950). Schizophrenic Art: Its Meaning in Psychotherapy. New York: Grune & Stratton
[3] Edith Kramer (1971). Art as Therapy with Children. New York: Schocken Books.
[4] Springer Nature. (n.d.). Arts therapies in psychiatric rehabilitation. https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-030-76208-7_1
[5] Golden TL, et al. (2025). Integrating arts and culture into public health practice: A conceptual framework. Health Promotion Practice, 26(3), 454–462.
[6] Fancourt, D., & Finn, S. (2019). What is the evidence on the role of the arts in improving health and well-being? A scoping review. Health Evidence Network (HEN) synthesis report 67. Copenhagen: World Health Organization, Regional Office for Europe. ISBN 9789289054553.
https://iris.who.int/bitstreams/e1cc8536-773d-446f-9822-8ae376f41415/download
[7] Jensen, A., Holt, N., Honda, S., & Bungay, H. (2024). The impact of arts on prescription on individual health and wellbeing: A systematic review with meta‑analysis. Frontiers in Public Health, 12, 1412306.
[8] Daykin N et al. The role of social capital in participatory arts for wellbeing: findings from a qualitative systematic review. Arts Health. 2021 Jun;13(2):134-157. doi: 10.1080/17533015.2020.1802605. Epub 2020 Aug 18. PMID: 32809907.
[9] Joschko, R., Klatte, C., Grabowska, W. A., et al. (2024). Active visual art therapy and health outcomes: A systematic review and meta‑analysis. JAMA Network Open, 7(9), e2428709.
[10] Quinn, et al. (2025). Arts-based interventions for depression and anxiety in older adults: A meta-analysis of 50 controlled studies. Nature Mental Health, 3, 374–386.
[11] McCrary, J. M., Redding, E., & Altenmüller, E. (2021). Health benefits of performing arts: An umbrella review including 33 systematic reviews and 9 epidemiological studies. PLoS ONE, 16(6), e0252956.
[12] Gaiha, S. M., et al. (2021). Effectiveness of arts-based interventions in reducing mental health stigma among young people: A meta-analysis. BMC Psychiatry, 21, 364.
[13] Golden, T. L., et al. (2025). Integrating arts and culture into public health practice: A conceptual framework. Health Promotion Practice, 26(3), 454–462.
[14] Le striatum est une structure cérébrale, jouant un rôle essentiel dans plusieurs fonctions. Contrôle des mouvements volontaires et apprentissage moteur, Motivation et récompense, via les circuits dopaminergiques. Prise de décision et apprentissage par renforcement. Traitement des émotions, notamment dans ses régions ventrales.
[15] Ferreri, L. et al (2019). Dopamine modulates the reward experiences elicited by music. Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), 116(9), 3793–3798.
[16] Bone, J. K., Noguchi, T., Mak, H. W., Fancourt, D., Kondo, K., & Saito, T. (2024). Does arts and cultural group participation influence subsequent well-being? A longitudinal cross-country comparison of older adults in Japan and England. BMJ Public Health, 2, e000865. https://doi.org/10.1136/bmjph-2023-000865
[17] https://www.england.nhs.uk/long-read/social-prescribing-reference-guide-and-technical-annex-for-primary-care-networks/
[18] https://www.culture.gouv.fr/thematiques/developpement-culturel/le-developpement-culturel-en-france/culture-et-sante
[19] Kreutz G. Can we learn from the arts about health? Comment on “Can arts-based interventions improve health? A conceptual and methodological critique” by Skov & Nadal.Physics of Life Reviews, 2025.
DOI : 10.1016/j.plrev.2025.05.006
[20] Land Art (ou Earth Art) est un mouvement artistique apparu à la fin des années 1960 aux États-Unis, dans lequel le paysage devient à la fois le matériau, le lieu et le sujet de l’œuvre. Les artistes utilisent des éléments naturels (terre, pierre, sable, bois, eau, glace, végétaux) pour créer des interventions directement intégrées à l’environnement, souvent éphémères et transformées par les processus naturels.
[21] Revival Field (1991) de Mel Chin, développé avec l’agronome Rufus L. Chaney, est considéré comme une œuvre fondatrice de l’éco-art. Implantée sur le site contaminé de Pig’s Eye Landfill (Minnesota), elle utilise des plantes hyperaccumulatrices (Thlaspi caerulescens notamment) pour extraire des métaux lourds du sol. Cette œuvre constitue l’un des premiers exemples d’intégration de la création artistique, de la recherche scientifique.
[22] Whitmee S, Haines A, Beyrer C, et al. (2015) Safeguarding human health in the Anthropocene epoch: report of The Lancet Commission on Planetary Health. Lancet. 386:1973–2028.
[23] Carty J., Acker T. (dir.) (2012). Ngaanyatjarra: Art of the Lands. UWA Publishing.
[24] Erin Manning (2007). « Relationscapes: How Contemporary Aboriginal Art Moves Beyond the Map ». Cultural Studies Review, 13(2). Judy Watson, Judy Watson. the language of memory. Brisbane: University of Queensland Art Museum, 2014.
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Pour citer cet article : WACHSMUTH Isabelle (15 août 2026), L’art-thérapie : des pratiques artistiques au cœur de la santé planétaire, Encyclopédie de l’Environnement. Consulté le 16 août 2026 [en ligne ISSN 2555-0950] url : https://www.encyclopedie-environnement.org/sante/lart-therapie-des-pratiques-artistiques-au-coeur-de-la-sante-planetaire/.
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